Les ex-chef de l’Etat coûtent aux contribuables français plus d’un million d’euros par an. Sans que ce régime n’ait vraiment de base légale. Ailleurs en Europe, les anciens dirigeants sont plus ou moins bien traités, quel qu’ait été leur pouvoir effectif.
Commentaire
L’analyse de la campagne de la droite montre une tendance dominante portée principalement par
Jean-François Copé : une volonté de poursuivre dans la voie de la radicalisation menée par Nicolas Sarkozy dans la campagne présidentielle pour s’assurer de la mobilisation de l’électorat de droite et entamer l’électorat
du Front national.
Ce n’est pas une campagne pour défendre l’intérêt général, c’est
avant tout une campagne pour permettre la domination du Secrétaire général de l’UMP sur ses rivaux pour contrôler,
demain, le parti. Cela explique que Jean-François Copé ne revendique pas la cohabitation à la différence, par exemple, de Fillon. Il conduit une campagne
fondamentalement droitière.
Éléments de polémiques et de contradictions de la droite
Christine Taubira dans le viseur
« Voter FN, c’est voter pour la gauche et Taubira. » Jean-François Copé, Le Monde, 24 mai
À peine nommée ministre, Christine Taubira subit les foudres de Jean-Paul Garraud, député, membre
de la droite populaire, l’aide droite de l’UMP. Celui-ci dénonce la position de l’élue guyanaise sur
« l’esclavagisme », en l’accusant de « faire chaque fois le procès de la France » et d’avoir « une vision
très communautariste de l’Histoire de France. »
Dans les pas de Garraud, le très droitier Lionel Luca relaie des rumeurs circulant sur Internet, selon
lesquelles la ministre aurait affirmé sur RFI que le fait de brûler un drapeau tricolore n’était pas
répréhensible, en référence à des faits survenus le soir de la victoire de François Hollande. D’autres s’y collent, telle
Salima Saa, Secrétaire nationale de l'UMP en charge du Développement urbain et porteparole
de Nicolas Sarkozy qui avait assimilé Kader Arif à un membre du FLN (Le Lab, 16 mai).
Vérification faite, Christine Taubira n’a fait aucune déclaration de cette nature. Pas plus qu’il n’y a eu de drapeau
bleu-blanc-rouge brûlé…
L’UMP à la remorque du FN
« La ligne de l'UMP est très claire, il n'y aura pas d'alliance électorale ni de discussion avec les dirigeants du Front
national. Et, si, localement, certains engagent de telles démarches, « on en tirera toutes les conséquences au niveau national, car ce sera contraire à la
ligne de l'UMP ». Jean-François
Copé, Le Figaro Magazine, 9 mai.
Cellule Veille-Riposte de la Campagne Veille-Riposte de la Droite
Dans le même temps, le FN se plait à répéter que des discussions sont en cours dans certaines circonscriptions, entre les deux
partis. Bruno Gollnisch l’évoque publiquement, le 18 mai, sur Sud Radio, sans citer de noms. Le 7 mai, Jean-Paul Garraud, député UMP de la Gironde et membre
du
collectif de la Droite populaire, avait évoqué un rapprochement avec le FN, avant de se rétracter le lendemain (Sudouest.fr).
Qui croire ?
Copé, pourfendeur de la retraite à 60 ans pour les salariés qui ont commencé à travailler à 18 et 19 ans.
« Je vois bien que beaucoup de syndicats commencent à vouloir pousser très, très loin le bouchon du retour en arrière. Or, la
vérité, c'est que nous n'avons pas le premier euro pour payer tout cela (…) Le Premier ministre préfère parler avec les syndicats qu'avec le Parlement. On va
ne pas être dans le
dialogue social ou la concertation, on va être dans un rapport de force immédiat et pour toute une
série de raisons, ce sont les syndicats qui l'emporteront... Tous ont appelé à voter François Hollande »,
Jean-François Copé, Le point.fr, 23 mai.
François Hollande en a fait l’un de ses principaux thèmes de campagne. C’est donc sans surprise que Jean-Marc Ayrault a émis
le souhait que le décret sur le retour à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt soit pris « dans les trois semaines
».
Le 23 mai, le Premier ministre a annoncé sur RTL qu'il recevrait, le 29 mai, chaque organisation
syndicale et patronale pour en discuter, en présence de Michel Sapin, Marilyse Lebranchu et Marisol
Touraine. La polémique est donc infondée.
Rappelons, pour mémoire, que Xavier Bertrand avait imposé, par décret, l’Allocation équivalent retraite (AER), devenue
Allocation transitoire de solidarité (ATR), le 1er juillet 2011.
Quand Guéant dit non à la cohabitation, et Fillon, oui…
Le 12 mai, le ministre de l'Intérieur sortant, Claude Guéant, estime que la cohabitation était contraire à
« l'esprit de la Ve République » (Europe 1). « L'esprit de la Ve République c'est qu'il y ait une puissance
d'action publique et que, par conséquent, il y ait une cohérence au sein de l'exécutif », insiste-t-il. « La
cohabitation, pourquoi pas ? », déclare François Fillon au lendemain de l’élection de François
Hollande. Des propos bien différents de ceux qu’il tenait en 2007, lorsqu’il menait la campagne de
l’UMP pour les législatives. Nicolas Sarkozy venait, il est vrai, d’être élu président, et l’objectif de Fillon
était de lui assurer une large majorité à l’Assemblée nationale. Les temps changent…
Alain BERGOUNIOUX
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